Nouvelles provinciales

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Réduisons l’embouteillage

Allocutions de la première ministre devant les membres de la chambre de commerce de la région de Toronto

Bonjour. Merci, Carol pour votre présentation. Je suis toujours heureuse de prendre la parole devant ce groupe.  Nous nous sommes réunis sur le territoire traditionnel des Mississaugas of New Credit de même que sur les berges de l’un des plus remarquables réseaux de transport au monde.

Et c’est ce dont j’aimerais parler aujourd’hui, de nos transports. J’aimerais vous remercier, de même que le Toronto Region Board of Trade, pour le leadership dont vous avez fait preuve sur la question de l’infrastructure du transport en commun et des transports.

Le mois dernier, vous avez publié un rapport présentant vos idées pour faire progresser cette région. Et, à ce moment-là, Carol, CBC vous a citée.

Vous avez déclaré que dans la Région du Grand Toronto et de Hamilton (RGTH), le sujet de la congestion routière est devenu une obsession régionale. Vous avez également ajouté que le fait d’éviter de trouver des solutions l’était aussi.

Et bien, je veux que vous sachiez que je partage l’obsession de la RGTH à propos de la congestion routière. Mais je suis déterminée à trouver des solutions.

La première ligne de métro de cette ville a ouvert en 1954, soit l’année qui a suivi ma naissance. Je me souviens de ma première randonnée en métro alors que je ne devais avoir que cinq ou six ans en compagnie de ma grand-mère. Je portais mes gants blancs car il s’agissait d’une occasion spéciale.

Tout le monde était tellement excité et tellement fier. De nos jours, dans le monde entier et dans toute la province, des collectivités doivent relever des défis liés à l’infrastructure vieillissante, à la congestion routière, aux réseaux de transport en commun saturés et à la nécessité de réparer les ponts et les passages inférieurs.

Dans cette région, le temps de déplacement moyen pour se rendre au travail est de 82 minutes par jour. La saturation du réseau routier de Toronto est un enjeu majeur influant sur sa réputation et sa productivité.

Il existe un besoin pressant de changement, pour obtenir de nouveau investissements. C’est incontestable. Mais lorsque j’écoute certains discours au sujet des investissements dans le secteur du transport en commun, je partage l’avis de Caro. Je crois que certains politiciens ont décidé d’éviter de trouver des solutions sans réfléchir aux conséquences.

Les partis sondent l’opinion et ils n’entrevoient pas de réponse facile, ni de victoire assurée.

Mais je sais que l’amélioration de notre déficit infrastructurel n’a pas pour objet de marquer des points sur la scène politique. L’objectif est d’assurer la réussite de l’Ontario. Et c’est ma principale responsabilité en tant que première ministre de cette province. Je pense que les habitants de cette région veulent voir la fin des querelles sur ce sujet; qu’ils sont prêts à aller de l’avant. Et se joindre à eux est en réalité un geste vraiment pratique pour un politicien en ce moment.

Bien que je crois passionnément que de bâtir des réseaux de transports en commun soit une bonne politique publique, je me sens également motivée parce je sais que la population en ressent intensément le besoin, et que, bien sûr, une bonne politique et l’opinion de la population s’entrecoupent.

Mais pour y donner une réelle impulsion, nous devons changer de discours à propos de ces investissements. Nous devons parler de ce que nous VOULONS. Nous voulons arriver au travail à l’heure, le matin. Nous voulons rentrer chez nous rapidement à la fin de la journée pour nous retrouver en famille.

Nous voulons être en mesure d’emprunter le DVP ou l’autoroute 400 durant la fin de semaine, de prendre l’autoroute 401 en direction de l’ouest ou de l’est, sans être bloqués dans des embouteillages à n’en plus finir.

En tant que première ministre, il m’incombe de garantir que l’on puisse circuler facilement dans la plus grande ville de l’Ontario.

C’est important pour les entreprises et les industries qui sont installées ici, à Toronto, car cela aidera leurs employés à gagner en productivité et à jouir d’un meilleur niveau de vie.

Et cela sera également bénéfique pour les sociétés établies en dehors de Toronto, qui ont besoin que leurs produits circulent efficacement d’un bout à l’autre de la région de façon régulière.

Cela aura des répercussions positives sur notre tourisme, sur notre culture et sur la santé des millions de personnes qui ont élu domicile dans cette région.

Cela contribuera à minimiser l’impact sur l’environnement naturel de l’Ontario et cela encouragera la mise en œuvre d’une croissance réfléchie et d’un développement durable.

L’incidence de ces améliorations sera considérable et se fera sentir à des kilomètres à la ronde. Investir dans le secteur du transport en commun dans cette région s’avèrera payant pour toute la province. Cela permettra d’assurer un meilleur avenir pour nous toutes et tous.

Maintenant, on me demande : Comment allez-vous y parvenir si les gens ne sont pas d’accord? Et bien, tout d’abord, je ne vais rien faire toute seule. Bon nombre d’entre vous dans cette salle font partie de groupes et de réseaux qui bâtissent et recherchent du soutien pour ce genre de progrès.

Nous devons tous nous efforcer d’unir la population en faisant naître l’optimisme au sujet des investissements en matière d’infrastructure. Car il ne s’agit pas d’une sombre histoire d’impôts et de péages : il s’agit de préparer le terrain pour notre propre réussite, et pour celle de nos enfants et petits-enfants.

D’autres régions sont déjà parvenues à mettre cette idée en pratique et cela s’est traduit par un changement culturel majeur. Prenons l’exemple de Los Angeles, la ville qui a pratiquement inventé les embouteillages – ou qui, du moins, les a portés à leur paroxysme.

Le problème de la congestion routière y était si grave que, lorsqu’un tronçon de l’autoroute empruntée par les navetteurs a été fermé pour réparation, les médias ont baptisé l’événement « Carmageddon ».

Mais un groupe de leaders communautaires et de chefs d’entreprise s’est mobilisé dans l’optique de trouver une solution à la saturation du réseau routier de la ville, et le maire de Los Angeles s’est engagé dans sa campagne à réaliser d’importants investissements dans le secteur du transport en commun.

En 2008, la ville a voté l’instauration pour 30 ans d’une taxe sur les ventes de 0,5 % à l’échelle de la région, qui devrait contribuer à hauteur d’environ 40 milliards de dollars aux efforts d’expansion de son réseau de transport en commun.

Ces personnes ont reconnu l’existence du problème, elles ont mis sur pied un plan adapté à leur situation et elles ont agi.

À Stockholm, en Suède, le parlement national a mené une expérience publique fascinante en 2006. Cette ville s’étend en fait sur une série d’îles et, comme vous pouvez l’imaginer, la circulation routière à destination et au sein du centre-ville était un cauchemar au quotidien.

Un système de péage de congestion a donc été mis à l’essai pendant six mois, les usagers devant s’acquitter d’un droit en fonction de l’heure à laquelle ils entraient et sortaient de la ville. Pendant cette période, la disponibilité des services de transport en commun a également été accrue. Six mois plus tard, les temps de trajet pour se rendre au travail s’étaient améliorés au-delà des attentes.

Un impact positif mesurable a été constaté au niveau de la qualité de l’air de Stockholm et de l’économie du centre-ville. Cet essai a également eu des répercussions positives sur la circulation routière dans l’ensemble de la région et non pas uniquement dans les limites de la ville.

Et les citoyens de Stockholm se sont massivement exprimés en faveur du maintien du péage. Ce résultat a été qualifié de revirement massif de l’opinion publique par un institut de recherche. Nous savons qu’un tel changement culturel est déjà en marche en Ontario. Et je suis convaincue que la population soutiendra ces investissements si elle comprend les résultats mesurables qui en découleront.

En ce moment même, Metrolinx mène des consultations publiques et des groupes comme le Toronto Region Board of Trade et la CivicAction Alliance attirent l’attention de la population sur les solutions susceptibles d’améliorer les temps de trajet quotidiens pour se rendre au travail.

En juin, Metrolinx publiera également sa stratégie d’investissement axée sur la sélection d’outils de recettes potentiels qui a été divulguée la semaine dernière.

En tant que première ministre de l’Ontario, je ne peux pas court-circuiter cette stratégie en débattant des outils qui devraient être choisis en vue de leur présentation au gouvernement.

Mais je peux vous parler de façon générale du scénario qui, selon moi, doit se produire eu égard aux investissements dans le secteur du transport en commun dans la RGTH.

Et j’espère que cela permettra de bien montrer au grand public que ce processus sera équitable et transparent et, toute rhétorique inutile mise à part, qu’il s’avère également nécessaire.

Par conséquent :

Je pense que tout nouvel outil de recettes doit être consacré dans son intégralité et de façon transparente aux investissements dans le secteur du transport, afin que les coûts soient directement reliés à des résultats mesurables.

Les gens ont besoin de savoir ce qu’on fait de leur argent. Ils ont besoin de savoir à quoi sert leur argent.

Je sais également que la question ne peut pas porter sur un seul groupe de navetteurs.

Contrairement à ce que certaines personnes veulent vous faire croire, il n’y a pas de guerre contre les automobilistes, ou les cyclistes, ou les services de transport en commun.

Nous luttons toutes et tous en faveur d’un meilleur mode de vie. Et, par conséquent, tout nouvel outil de recettes ne peut pas peser de façon disproportionnée sur un moyen de locomotion en particulier, mais doit reconnaître les contraintes à l’échelle du système.

Certains des outils employés doivent encourager le choix et être conçus pour avoir un impact positif sur le comportement de chacun. Ils doivent être liés à une urbanisation réfléchie et à un aménagement du territoire efficient, et s’efforcer de répondre de la façon la plus efficace possible aux besoins de la population en pleine croissance dans cette région.

Nous devons également mettre en contexte les investissements requis dans le cas présent. Je ne veux pas que l’on pense que la RGTH fait l’objet d’une attention indue ou reçoit des investissements disproportionnés.

Il est donc important de faire remarquer que ces 20 dernières années, les investissements dans le secteur du transport en commun en Ontario ont accusé un important retard par rapport au budget consacré au réseau routier de la province, aux ponts et aux passages inférieurs; qu’une partie de notre casse-tête en matière de transport a reçu des centaines de millions de dollars par année, et des milliards de dollars au cours des neuf dernières années.

En comparaison, nos dépenses annuelles en immobilisations consacrées au transport en commun ont été nulles pendant plusieurs années.

Malgré le fait que notre gouvernement a essayé de compenser pour ce temps perdu en investissant régulièrement dans le transport en commun au cours des 10 dernières années, allouant 13,4 milliards de dollars dans le transport en commun et s’engageant à allouer 9 milliards de dollars au Grand projet, certaines personnes vont aussi essayer de vous faire croire que les fonds nécessaires à ces investissements peuvent être dégagés à même notre cadre financier actuel.

Et bien, ayant moi-même consulté les livres comptables, je peux vous dire que ce n’est tout simplement pas le cas. Le réseau de transport en commun dans la RGTH requiert l’injection de dizaine s de milliards de dollars sur les vingt prochaines années.

Notre budget provincial total s’élève chaque année à environ 125 milliards de dollars.

Les dépenses relatives aux programmes de l’Ontario sont déjà très restreintes en comparaison à d’autres territoires.

L’an dernier, nos dépenses par habitant étaient en moyenne  inférieures de 11 pour cent à celles engagées par les neuf autres provinces, même si nous protégeons nos importantes réalisations dans nos réseaux de santé et d’éducation.

Et notre service public est relativement beaucoup plus efficace.

Nous fournissons les mêmes services avec moins de personnel : à peine 7,4 par tranche de 1 000 habitants en Ontario. La moyenne sur l’ensemble des provinces est de 10,4.

Les effectifs de la fonction publique de l’Ontario ont diminué de 14 pour cent par rapport à 1995. Dans le même temps, la fonction publique fédérale a enregistré une croissance de 9 pour cent.

Nous devons trouver des recettes réservées à ces projets car nous ne trouverons pas et nous ne pouvons pas trouver des fonds ailleurs.

J’ai étudié l’histoire à l’université et j’aime me renseigner sur le passé de cette ville et de cette province.

Certaines personnes ont indiqué dans la presse que la planification du transport en commun à Toronto faisait l’objet d’un débat animé depuis un siècle. C’est incroyable, si l’on y réfléchit. Non pas le fait que nous débattions la question pendant si longtemps… Mais imaginez la vision juste de l’avenir qu’il fallait avoir pour construire un réseau de métro dans la première moitié du XXe siècle.

En 1910, il y a plus de 100 ans, les citoyens de Toronto ont voté en faveur d’un projet de métro devant s’étendre jusqu’aux confins d’une ville qu’ils pouvaient alors à peine imaginer. Bien sûr, comme je l’ai mentionné plus tôt, Toronto n’a été réellement desservie par le métro qu’en 1954. Il y a eu un changement d’administration.

Un projet a été écarté au profit d’un autre. Les débats publics et les doutes quant à l’escalade des coûts se sont multipliés. Cela ne vous rappelle rien? Lorsque le métro a finalement été inauguré, la population est venue en masse pour l’occasion.

Tout le monde s’est mis sur son trente-et-un. Mais pensez au temps perdu à cause de ces débats. Réfléchissez à quoi ressemblerait cette ville si le métro avait été construit en 1910, et non quarante ans plus tard. Réfléchissez à quoi ressemblerait notre région si le financement de son réseau de transport en commun n’avait pas accusé un tel retard jusqu’à ces dix dernières années.

Si certains gouvernements n’avaient pas choisi de ne rien investir dans ce secteur. Je ne veux pas qu’une future première ministre tienne un discours ici, dans 50 ans, en regrettant que personne n’ait pris de mesure en 2013. C’est pourquoi je m’efforce de susciter à nouveau l’enthousiasme de la population à propos de l’infrastructure de transport en commun et de transport.

Je continuerai à évoquer ce que nous pouvons accomplir pour cette ville, cette région et cette merveilleuse province.

Je porterai mon attention sur les répercussions positives qui peuvent découler de la réalisation d’investissements intelligents et équitables. Mais j’ai besoin de votre aide. Nombreux sont celles et ceux parmi vous qui font déjà preuve de leadership sur la question, alors continuez dans cette voie.

Discutez avec vos amis et collègues de l’impact positif que les investissements dans le secteur du transport en commun auront sur leur vie et sur la santé économique de l’Ontario. Nous devons continuer à rallier un vaste soutien public. Sinon, la situation restera bloquée dans la région de Toronto, aussi bien sur les routes que sur la scène politique.

Alors mettons à profit ce désir d’améliorer la circulation routière, la propreté de l’air et la santé de l’économie. Je sais que la volonté est là. Je sais que le soutien existe.

Et que des progrès seront réalisés. Qu’ensemble, nous pouvons y arriver.

Je vous remercie.

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